Publié dans Adult Only

Je ne mérite pas ce bonheur

heart-762564_1920
kaboompics Pixabay

Ce n’est pas de la désillusion, ce n’est pas du défaitisme, c’est du réalisme. Je sais ce que je sais faire et ce que j’inspire. Il y en a pour qui l’amour dure trois ans pour moi il dure trois heures, le temps d’une partie de plaisir. J’excelle tellement dans ce jeu que je ne m’inquiète plus d’être une fille bien. Je suis déjà bonne, plus besoin d’être bien.

Je ne pense pas avoir autre chose à offrir que mon corps. Il faut l’avoir gouté pour comprendre que c’est déjà une bien belle offrande. Ne cherchez pas sous la carapace, il n’y a rien d’autre. Contentez-vous de parcourir mes courbes, d’éveiller mes sens le temps que ça dure. Et même si je vous donne l’impression que vous contrôlez la situation, ne vous y méprenez-pas. C’est moi qui décide de la fin et ce dès le départ. Ne cherchez pas à savoir les sentiments que j’éprouve. Je ne ressens rien. Les histoires d’amour, je les vis seulement dans les livres que je lis, dans les films que je regarde et dans les yeux de mes amies. Moi je me contente du plaisir.

Le plus excitant est indéniablement le jeu de la séduction. Ce moment à la durée variable où on apprend à connaître l’autre. Parfois on prend son temps, parfois non mais c’est toujours aussi intense. Je prends du plaisir à passer de la fille banale à une femme sure d’elle et provocatrice. J’adore ressentir cette admiration mêlée d’excitation quand ils découvrent que la sage petite fille est en réalité une femme fatale. Vient ensuite ce moment où je décide de m’ouvrir, de m’offrir.

Le « plus de bonheur à donner qu’à recevoir » n’aura jamais autant plus son sens que pendant les jeux sexuels. La sensation que j’ai en voyant mon partenaire déboussolé, incontrôlable… est quasiment indescriptible. C’est pour moi le premier moment de jouissance. Maintenant qu’il a pris du plaisir, je peux m’abandonner à lui pour quelques heures et… Au suivant !

Le suivant, il était avenant, un peu trop gentil pour « l’usage » que je comptais en faire. La petite voix à l’intérieur me disait que ce n’était pas mon genre. Il m’avait l’air trop optimiste, pas assez désabusé comme je les aime. Mais à contrario, quel plaisir de converser avec lui. Ca pourrait être intéressant de pouvoir pour une fois avoir un sujet de conversation après… Je le suivis chez lui pour un dernier verre. Evidemment j’avais assez bu pour la soirée alors une fois chez lui, je commençais à me déshabiller… Comme d’habitude, il ferait mine de s’étonner quand il reviendra avec le verre. Ils font ça parfois mais ne résistent pas pour autant à mon corps offert. Mais il faut croire que lui était différent. Il n’avait pas l’air surpris de me voir presque nue. Moi par contre je l’étais en le regardant me rhabiller. Posément, il me fit remarquer « j’ai envie de te revoir, on a pas besoin de faire ça ce soir, j’ai envie de te connaître ». Si je n’avais pas déjà confiance en mon pouvoir de séduction, j’aurais été tentée de penser que mon corps ne lui plaisait pas.

Il voulait en apprendre davantage sur moi. Voilà un exercice nettement plus difficile que ce à quoi je m’attendais ce soir là. Mais qu’importe, j’allais me prêter au jeu. Dans quelques heures, il changera d’avis.

Les heures s’égrenèrent et je ne vis pas le temps passer. Je riais aux éclats sans me soucier de mon apparence, un peu comme si nous nous connaissions depuis toujours. Je ne sais plus à quel moment le sommeil m’emporta mais au réveil, son sourire était la première image de ma journée… et c’était agréable.

Il me demanda si j’avais faim, je répondis par l’affirmative. Après m’avoir embrassé sur la joue, il se leva pour aller me préparer le petit déjeuner. Je l’entendais chanter dans sa cuisine et j’essayais de comprendre ce qui m’arrivait. Je venais de passer la nuit avec un homme avec qui je n’ai pas couché et il était entrain de me faire à manger en chantonnant. Pire encore, le son de sa voix était si agréable. Qui est donc cet inconnu qui bouscule toutes mes habitudes ? Je ne savais pas si j’avais envie de le savoir. Je me levai sur la pointe des pieds, ramassai mes affaires et sortis discrètement de chez lui. Sans un mot, sans un regard. Gainsbourg ne disait-il pas qu’il vaut mieux fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ?

Publicités

2 commentaires sur « Je ne mérite pas ce bonheur »

  1. Speechless…mon passé retracé à la perfection. J’aime la french musique des années sixties à eighties, mais Dieu merci, je n’ai pas écouté Gainsbourg. J’ai osé attendre ce qu’il y a derrière le son de la voix, et le petit déjeuner. Aujourd’hui, je me marie, avec celui qui m’a rhabillée deux ans auparavant, car derrière ce petit déj’ se cachait ce à quoi je croyais ne pas avoir droit : le bonheur, tout simplement!

    Aimé par 1 personne

Un avis sur le sujet??? Exprime toi

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s